Anne Abeillé, La grammaire se rebelle, Le Robert
mars 2026
D’où viennent les règles grammaticales ? de l’Académie ? de l’école ? des écrivains ? des IA ?
Quand on est linguiste, on n’est pas « laxiste ». On cherche à comprendre l’histoire des « règles », et à déterminer si elles correspondent aux usages, aux usages anciens ou aux usages actuels, aux usages littéraires ou aux usages ordinaires.
Un livre qui pointe avec malice les contradictions des puristes, anciens et modernes, et qui montre l’ancienneté des variantes et leur vitalité.
Avant-propos
Qu’est-ce que la grammaire ? L’ensemble des règles qu’on emploie pour parler et pour écrire. Ces règles sont robustes et souvent séculaires, bien intériorisées par la plupart des francophones, même s’ils n’en sont pas toujours conscients. Mais elle est souvent réduite à une liste de pièges à éviter, de mots à proscrire (malgré que, se rappeler de, en vélo, un espèce de), sans justification rationnelle (« parce que c’est comme ça », « parce que c’est plus beau »).
Pourtant, les usages vilipendés par les puristes actuels ont une logique et une histoire, ils sont bien présents dans la littérature qu’on nous cite souvent en exemple, et ils n’ont pas toujours été considérés comme des fautes. De Racine à Annie Ernaux en passant par Madame de Sévigné et Marcel Proust, nombreuses sont celles et ceux à avoir fait fi des caprices de l’Académie française.
Et au lieu de parler de « fautes », il vaudrait mieux, le plus souvent, parler de variantes, et de prestige associé (ou non). Pour qu’il y ait faute, il faut qu’il y ait règle, et les « règles » des puristes sont souvent contradictoires, inapplicables, s’appuyant sur des usages obsolètes et largement fantasmés. Loin d’être de simples coquetteries un peu désuètes, elles nuisent en fait à la compréhension de la langue et à son enseignement.
Ce livre est un exercice de démocratisation grammaticale, pour survivre dans la jungle puriste, qu’on a beau désherber, et qui repousse toujours, avec des diktats d’un autre âge qui visent à réduire nos moyens d’expression.
Pour utiliser à bon escient les formes dites « populaires » ou « familières », au lieu de les dévaloriser, puisqu’ailleurs, ces mots sont plutôt positifs (un acteur populaire, une mélodie familière, un parfum familier). Il s’agit de réhabiliter le français de tous les jours, notre langue commune, car pourquoi avoir honte de ce qui nous unit ?
Pour retrouver le plaisir d’apprendre et d’enseigner la langue dans toute sa richesse, le plaisir de parler et d’écrire, avec des règles solides, fondées sur des régularités observables.
Table
Avant-propos 7
Introduction 9
Une crise de la grammaire ? 11
D’où viennent les règles grammaticales ? 29
D’où viennent les « fautes » ? 46
- Je pose la question 63
Quand est-ce qu’on mange ? 66 Tu sais quoi ? 73
- C’est pas vrai ! 79
- La valse des prépositions 89
Je me rappelle de vous ! 91 Je viens en vélo ! 96 Je vais au coiffeur 100
- Par tous les temps 105
Ça va aller… 106 Il fallait que tu viennes 112
- Libérer les subordonnées 123
Malgré qu’il neige ? 124 Tout ce que j’ai envie ! 131
- Accords et désaccords 141
C’est les vacances ! 142 Un espèce de type ? 150
- Oser le féminin 155
Bonjour à toutes et à tous ! 157 Différentes villes et villages ? 164
- L’accord du participe est passé 173
Tu as vu la tête qu’il a fait ? 174 Ils se sont succédés ? 188
Conclusion 195
Annexes 201
Index des (f)auteurs et (f)autrices citées 229
Notes 239
