Parutions : Langue Française, #230, 50 ans de sociolinguistique du français

Parutions : Langue Française, #230, 50 ans de sociolinguistique du français

Langue Française, #230, 50 ans de sociolinguistique du français

Chères et Chers collègues,
J’ai le plaisir d’annoncer la parution du numéro 230 de la revue Langue Française, dans le cadre des numéros pour l’anniversaire des 50 ans de la revue. Il est intitulé « 50 ans de sociolinguistique du français », et d’ores et déjà disponible sur Cairn :

Voici un extrait de l’introduction :
« L’essentiel de l’assez abondante documentation sur le passé du français en usage en Europe et au-delà concerne surtout les façons d’écrire des élites, et fort peu les façons ordinaires de parler de tout le monde. L’histoire des usages quotidiens ne peut remonter le temps que sur la base de documents écrits, à passer au crible. Mais l’approche sociolinguistique dépasse l’intérêt historique et mène à des réflexions sur l’oral dans sa relation à l’écrit, et sur l’oralité même (voir l’article de France Martineau en sociolinguistique historique, pour ce qui peut être tiré de sources anciennes, correspondances ou écrits de scripteurs peu littéraciés).
Quant aux effets de l’expansion du français au-delà de son berceau européen, la diffusion dans le monde a donné lieu à des variétés locales jouissant de vitalités géo-sociopolitiques diverses, souvent instables, et en constante reconfiguration, ainsi qu’à des créoles (voir l’article de Cécile Vigouroux en forme de réflexion
sur l’amont de la recherche sociolinguistique, centrée sur le français en Afrique
(perspective historique, politique, géolinguistique), ainsi que la contribution de
Sylvie Wharton pour les contacts et le plurilinguisme en contexte postcolonial,
dans une perspective critique de sociolinguistique du contact).
La conception normative de la langue française qui survalorise l’écrit est active dans la transmission, familiale ou scolaire, et dans les inégalités devant l’école. La réflexion sociolinguistique sur l’école, prolifique dans les années 1960-70 (reproduction des inégalités sociales, bi/plurilinguisme de certains élèves), a
peu à peu régressé sous l’effet conjugué de modifications de l’engagement dansla société civile, et de la concurrence des sciences de l’éducation, qui traitent ces thèmes sans toujours s’arrêter aux questions de langue. Certes, il y a des travaux sur les interactions verbales à l’école (ordinaires ou violentes), mais le
combat contre les discriminations langagières s’est trouvé fragilisé (voir l’article de Philippe Hambye sur les effets complexes des idéologies langagières dans l’institution scolaire, ainsi que la contribution d’Emmanuelle Guerin pour la sociolinguistique appliquée en dialogue avec l’enseignement de la langue).
L’hétérogénéité et l’instabilité des pratiques langagières ont été prises en compte à travers l’étude d’interactions publiques, dans différents lieux professionnels ou institutionnels, afin de dégager l’intrication des parts sociales et langagières dans l’usage du langage (voir l’article de Josiane Boutet sur les pratiques langagières, en particulier au travail).
La variabilité peut aussi être étudiée dans les usages socialement minorés, voire stigmatisés : de quelles ressources (socio)linguistiques est-il tiré parti ? (voir la contribution de Cyril Trimaille et Maria Candea pour un point de vue surtout sociophonétique sur les pratiques langagières urbaines juvéniles et la stylisation, ainsi que l’article de Françoise Gadet sur différentes approches de la notion de variation pour étudier des faits syntaxiques oraux dits « non standard ») ».
Françoise Gadet