Appel à contributions : Les langues des manuscrits (Scolia 42, 2028)

Appel à contributions : Les langues des manuscrits (Scolia 42, 2028)

Les langues des manuscrits (approche linguistique)

Scolia 42 (2028)

Site de la revue : http://pus.unistra.fr/fr/revues/scolia
Calendrier :

– Résumés :
Date limite de réception : 15 octobre 2026
Notification d’acceptation aux auteurs : 15 novembre 2026

– Articles :
Date limite de réception des versions pré-finales soumises à la coordinatrice du numéro puis aux experts de la revue : 15 avril 2027
Retour aux auteurs après double expertise en aveugle de la proposition d’article : 30 juin 2027
Remise des versions définitives : 5 septembre 2027

Publication : avril 2028

Coordination éditoriale : Daniéla Capin, Université de Strasbourg, UR Lilpa 1339

Modalités de soumission : Les projets d’articles sont à envoyer sous forme de résumés à la coordinatrice du numéro (dcapin@unistra.fr). Ils seront écrits en français ou en anglais et comporteront entre 6000 et 9000 caractères, espaces comprises (hors bibliographie, police Times 12). Seuls les résumés qui seront retenus (entre 6 et 8) donneront lieu à des soumissions d’articles pour la revue SCOLIA. Chaque article soumis respectera les consignes éditoriales de la revue et sera évalué, sous forme anonyme, par deux experts désignés par la revue.

Argumentaire :

Une des façons de catégoriser les études de linguistique diachronique est de faire la distinction entre des études à visée globale et des études à visée particulière. Les premières sont basées sur l’analyse d’attestations provenant de bases de données, les secondes – sur des témoins isolés. Dans le premier cas, les attestations proviennent des éditions critiques qui constituent les bases de données. En raison de nombreuses contraintes(majoritairement celle des droits d’auteur), les éditions modernes des textes anciens, pourtant (très) fiables sur le plan philologique et linguistique, ne peuvent pas constituer des témoins dans les bases de données et ces dernières se voient, le plus souvent, limitées à des éditions datées. Conscients de cette contrainte, les linguistes sont systématiquement tiraillés entre le désir de fournir des études exhaustives, basées sur des données quantitativement importantes, et celui de s’assurer de la véracité de ces données en consultant les principes d’édition des témoins et, lorsque cela est possible, les manuscrits de base, idéalement, la tradition manuscrite et imprimée. L’entreprise est louable, mais reste particulièrement chronophage,voire impossible à réaliser. Les éditions numériques de textes anciens mettant à profit les principes de la philologie numérique tout en proposant une consultation confortable restent rares dans le paysage français, exception faite des remarquables prototypes offerts par les linguistes de la Base du Français Médiéval de Lyon . Ces restrictions et difficultés ont conduit à une résurgence d’études à visée plus restreinte mais tout aussi ambitieuses et utiles : des études sur des témoins isolés, et, en particulier, des témoins manuscrits.

L’importance de l’observation des manuscrits médiévaux pour l’étude de l’évolution (de la variation et du changement) linguistique, et, plus généralement, sur les descriptions des langues, a été déjà abordée dans plusieurs revues et monographies. Ainsi trouve-t-on, pour le domaine français médiéval, des revues comme Diachroniques, Etudes diachroniques, Revue Romane, Revue d’Histoire des textes, Romania, Scriptorium, Cahiers de Recherches Médiévale et Humanistes (entre autres et parmi d’autres) qui rendent compte régulièrement d’études ponctuelles enrichissant les descriptions aussi bien linguistiques que littéraires et fournissant des renseignements précieux pour la génétique textuelle.

Dans la continuité des perspectives déjà ouvertes, le présent numéro thématique souhaite recueillir de nouvelles études sur les manuscrits sans restriction de période afin d’apporter, à nouveaux frais, une réponse aux questions suivantes :

Qu’apporte le retour aux manuscrits ?
Que nous apprennent ceux-ci sur :

– les formes en concurrence ?
– la distinction / perception des catégories grammaticales ?
– l’identification des unités phraséologiques ?
– la structuration et hiérarchisation des énoncés ?
– la datation des phénomènes linguistiques (que ces derniers soient ou non liés au changement linguistique ou à la normalisation linguistique) ?

Les réponses attendues ne seront pas limitées aux seules études des manuscrits de langues romanes : toute réflexion sur des manuscrits anciens ou modernes de langues typologiquement différentes du français est fortement encouragée et sera prise en compte.

Quelques repères bibliographiques

Andrieux-Reix Nelly et Monsonego Simone (1997), « Écrire des phrases au Moyen Âge. Matériaux et premières réflexions pour une étude des segments graphiques observés dans des manuscrits français médiévaux », Romania, t. 115, n° 459-460, 289-336. https://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_1997_num_115_459_2243
Bazin-Tacchella Sylvie (2024), « Agglutination et segmentation graphique dans les Mémoires autographes de Philippe de Vigneulles », Linx 87, https://doi.org/10.4000/12zrc
Cacho Blecua María Jesús et Cacho Blecua Juan Manuel (2012), Historia de la literatura española. 1. Entre oralidad y escriture. La Edad Media, Barcelone, Crítica.
Cigni Fabrizio (2011) « Manuscrits en français, italien, et latin entre la Toscane et la Ligurie à la fin du XIIIe siècle: implications codicologiques, linguistiques, et évolution des genres narratifs », in C. Kleinhenz, K. Busby (eds.), Medieval Multilingualism The Francophone World and its Neighbours, Brepols.
De Castilla Nuria (2020), « Les emplois linguistiques et culturels derrière les textes aljamiados », Intellectual History of Islamicate World 8, 128-162. https://10.1163/2212943X-00702013.
Diaz y Diaz Manuel C. (1969), « La circulation des manuscrits dans la Péninsule Ibérique du VIIIe au XIe siècle », Cahiers de civilisation médiévale, n°48, 383-392.https://doi.org/10.3406/ccmed.1969.1500
Duval Frédéric (2015), « Les éditions de textes du XVIIe siècle », Manuel de la philologie de l’édition, éd. D. Trotter, Berlin, De Gruyter, 369-393.
Duval Frederic, Guillot-Barbance Céline et Zinelli Fabio (éds) (2019), Les introductions linguistiques aux éditions de textes, Classiques Garnier.
Irène Fenoglio (2016), « Indicialité des processus d’écriture linguistique sur les manuscrits », Dossiers d’HEL, Écriture(s) et représentations du langage et des langues, 9, 123-144.
Lebrave Jean-Louis (2009) « Manuscrits de travail et linguistique de la production écrite », Modèles linguistiques 59, http://ml.revues.org/330 ; DOI : 10.4000/ml.330
Smith Marc H. (2001), « Conseils pour l’édition des documents en langue italienne (XIVe-XVIIe siècles), Bibliothèque de l’école des chartes, tome 159, 541-578. https://doi.org/10.3406/bec.2001.463076