Séminaire du GEHLF
10 avril 2026, 14h
Date : 10 avril 2026, 14h
Lieu : Bibliothèque de Langue Française, Sorbonne Université, 17 rue de la Sorbonne, escalier G, rez-de-chaussée. Il est préférable de se munir d’une version imprimée du présent message pour l’entrée dans la Sorbonne.
Lien Zoom : lien (ID de réunion: 942 4465 2646 ; Code secret: 316674)
Programme du séminaire :
Programme thématique : Olivier Bertrand (université de Cergy) : « Les traductions scientifiques au service de la création lexicale en français à la fin du Moyen Age ».
Résumé : Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la traduction comme processus de diffusion des textes est omniprésente au moyen âge. Celle-ci ne concerne pas uniquement les productions littéraires – loin s’en faut – mais également les traités scientifiques de l’antiquité et du haut moyen âge. La translatio studii est à l’œuvre dans la transmission des savoirs en Europe et concerne tout autant les langues de l’antiquité (grec et surtout latin) que les traductions inter-vernaculaires, en particulier à partir du 13e siècle. Ce faisant, les traducteurs sont confrontés à une difficulté conceptuelle : comment traduire des termes techniques et/ou scientifiques qui existent dans une langue source mais qui demeurent – au moment de la traduction – inconnus du français. Plusieurs méthodes sont ainsi développées par les traducteurs afin d’offrir à leur lectorat une pleine intelligibilité du texte qu’ils ont à transmettre dans la langue vernaculaire : le doublet (para)synonymique, la glose périphrastique, la présence d’un glossaire dans le manuscrit sont autant de techniques utilisées et qui créent du lexique. Tous les domaines scientifiques sont concernés par cet élan créateur de néologismes : l’histoire, la science politique, la médecine, l’astronomie, la géographie, la pharmacopée, etc. Se dessinent ainsi à la fin du moyen âge des lexiques spécialisés en français, nés des traductions, et qui constituent encore, pour certains, la base des lexiques scientifiques et techniques contemporains.Le corpus étudié dans le cadre de la présentation concerne la science politique, en particulier la traduction de Nicole Oresme de la Politique d’Aristote.
Présentation d’actualité : Henriette Walter (Université de Rennes2/EPHE) présentera son ouvrage Deux mille mots pour dire le monde (Bouquins, 2022).
Quatrième de couverture : Pour Henriette Walter l’aventure des mots se confond avec celle des hommes dont elle nous fournit quelques clés essentielles. Suivant une méthode d’investigation qui la conduit à avancer pas à pas et mot à mot dans cette histoire parallèle, la grande linguiste offre ici au lecteur des incursions inédites dans son univers de chercheur et les coulisses de l’analyse lexicale. Elle montre, avec cette érudition sérieuse et ludique à la fois qui la caractérise, par quels « traits de sens » particuliers les différents noms imposent leur spécificité : tel le sabot distinct des autres chaussures par sa semelle de bois ; ou l’interrogatoire, forme de dialogue caractéristique, comme la chaise ne saurait se confondre avec le fauteuil.
Au fil des pages, on apprend que dans les toponymes se cachent les plus vieux mots de la langue (caillou, calanque, chalet…), que le vocabulaire du corps humain et celui des soins qui y sont apportés se partagent entre origine latine (anatomie) et grecque (physiologie et médecine), que les noms des vêtements, de la monnaie ou de la parenté sont des produits de l’histoire, quand ceux du mouchoir ou du pain renvoient plutôt à la géographie.
On sera surpris de découvrir pourquoi les sièges ont des noms imagés vraiment énigmatiques (bergère, marquise ou duchesse brisée, ou encore crapaud), tandis qu’on trouvera tout naturel que les mots d’amour occupent une place de choix dans les chansons et la littérature.
Dans sa préface, où il évoque le travail de sa mère pour la première fois, Hector Obalk souligne tout ce qu’il doit, comme chaque lecteur d’Henriette Walter, à cet apprentissage savant des mots, manière passionnante et savoureuse de mieux saisir la richesse du réel.
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