La Grammaire se rebelle
Anne Abeillé, Le Robert, 2026. 224 p.
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Argumentaire :
D’où viennent les règles grammaticales ? de l’Académie ? de l’école ? des écrivains ? des IA ?
Quand on est linguiste, on n’est pas « laxiste ». On cherche à comprendre l’histoire des « règles », et à déterminer si elles correspondent aux usages, aux usages anciens ou aux usages actuels, aux usages littéraires ou aux usages ordinaires.
Un livre qui pointe avec malice les contradictions des puristes, anciens et modernes, et qui montre l’ancienneté des variantes et leur vitalité.
Avant-propos
Qu’est-ce que la grammaire ? L’ensemble des règles qu’on emploie pour parler et pour écrire. Ces règles sont robustes et souvent séculaires, bien intériorisées par la plupart des francophones, même s’ils n’en sont pas toujours conscients. Mais elle est souvent réduite à une liste de pièges à éviter, de mots à proscrire (malgré que, se rappeler de, en vélo, un espèce de), sans justification rationnelle (« parce que c’est comme ça », « parce que c’est plus beau »).
Pourtant, les usages vilipendés par les puristes actuels ont une logique et une histoire, ils sont bien présents dans la littérature qu’on nous cite souvent en exemple, et ils n’ont pas toujours été considérés comme des fautes. De Racine à Annie Ernaux en passant par Madame de Sévigné et Marcel Proust, nombreuses sont celles et ceux à avoir fait fi des caprices de l’Académie française.
Et au lieu de parler de « fautes », il vaudrait mieux, le plus souvent, parler de variantes, et de prestige associé (ou non). Pour qu’il y ait faute, il faut qu’il y ait règle, et les « règles » des puristes sont souvent contradictoires, inapplicables, s’appuyant sur des usages obsolètes et largement fantasmés. Loin d’être de simples coquetteries un peu désuètes, elles nuisent en fait à la compréhension de la langue et à son enseignement.
Ce livre est un exercice de démocratisation grammaticale, pour survivre dans la jungle puriste, qu’on a beau désherber, et qui repousse toujours, avec des diktats d’un autre âge qui visent à réduire nos moyens d’_expression_.
Pour utiliser à bon escient les formes dites « populaires » ou « familières », au lieu de les dévaloriser, puisqu’ailleurs, ces mots sont plutôt positifs (un acteur populaire, une mélodie familière, un parfum familier). Il s’agit de réhabiliter le français de tous les jours, notre langue commune, car pourquoi avoir honte de ce qui nous unit ?
Pour retrouver le plaisir d’apprendre et d’enseigner la langue dans toute sa richesse, le plaisir de parler et d’écrire, avec des règles solides, fondées sur des régularités observables.
