Séminaire du GEHLF
6 février 2026, Sorbonne Université (Paris)
Date : 6 février 2026, à partir de 14h
Lieu : Bibliothèque de Langue Française, Sorbonne Université, 17 rue de la Sorbonne, escalier G, rez-de-chaussée (Paris)
Lien de visioconférence : https://zoom.us/j/95139325812?pwd=PHcsRpfkbgGbBA0zOg5KBZ5tCzoq7n.1 (ID de réunion: 951 3932 5812 ; Code secret: 409513)
Il est préférable de se munir d’une version imprimée du présent message pour l’entrée dans la Sorbonne.
Programme thématique : Frédéric Duval (Ecole des Chartes) : « Un nouveau corpus à exploiter : l’intérêt des traductions médiévales du droit romain pour l’histoire de la langue française ».
Programme thématique : Raymund Wilhelm (université de Klagenfurt) : « La traduction en vers. Syntaxe et textualité des poèmes hagiographiques en quatrains monorimes d’alexandrins (XIIIe – XIVe siècles) ».
Résumé de Frédéric Duval : « Un nouveau corpus à exploiter : l’intérêt des traductions médiévales du droit romain pour l’histoire de la langue française ».
Entre 1240 et 1285, la France a connu un phénomène massif de traduction du Corpus juris civilis. Les treize traductions qui nous ont été conservées, traces d’un mouvement bien plus large encore, ne peuvent plus être ignorées des historiens du français. Après une présentation générale de ces traductions, l’intervention s’attachera à souligner ce qu’elles peuvent apporter à la linguistique diachronique. Si leur contribution à l’élaboration du lexique juridique savant est presque évident, d’autres éléments seront également mis en avant : ces textes constituent des sources privilégiées pour une histoire des relations entre latin et français, bien différentes de celles qu’affichèrent les traductions de Charles V, un siècle plus tard. Par ailleurs, elles peuvent nous apprendre beaucoup de la standardisation d’une scripta parisienne à Paris au milieu du XIIIe siècle. Enfin, par l’attention portée par les traducteurs à la langue d’arrivée, elles ont sans doute contribué à diffuser des constructions syntaxiques facilitant la formulation d’une pensée abstraite complexe.
Résumé de Raymund Wilhelm : « La traduction en vers. Syntaxe et textualité des poèmes hagiographiques en quatrains monorimes d’alexandrins (XIIIe – XIVe siècles) ».
La production de récits hagiographiques en quatrains monorimes d’alexandrins est très riche aux XIIIe et XIVe siècles. Il s’agit d’une tradition discursive bien caractérisée qui est pratiquée, outre dans le domaine d’oïl, aussi en Espagne et en Italie du Nord. Généralement les vies de saints et les miracles en quatrains s’inspirent d’un modèle latin : ces textes, souvent de dimension réduite, attestent un type de traduction qui va de pair avec une vocation didactique et édifiante.
Après une réflexion préliminaire sur la corrélation entre traduire et versifier, nous allons présenter la Vie de sainte Thaïs contenue dans le Poème moral en tant que traduction : la confrontation systématique avec la source latine permet en effet de décrire de plus près les choix du poète, surtout aux niveaux de la syntaxe et de la structuration du texte. Ensuite nous allons discuter, sur la base d’un petit corpus, l’impact de la forme métrique (de la strophe, du vers et de l’hémistiche) sur la mise en texte des traducteurs.
