Appel à contributions : colloque “décrire et enseigner les langues sous le prisme du genre”

Appel à contributions : colloque “décrire et enseigner les langues sous le prisme du genre”

Colloque international

Décrire et enseigner les langues sous le prisme du genre : enjeux scientifiques et politiques

Organisé les 23 et 24 mai 2024 à Nancy (France) par Collectif Giflex

Université de Lorraine – Laboratoire ATILF

Axe Didactique des Langues et Sociolinguistique

Université Jean Monnet – Laboratoire ECLLA

Ce colloque rassemble dans un même espace de réflexion des chercheureuses dont les travaux articulent genre et langage selon différentes perspectives, explorant des questions liées à la description des langues ou à leur enseignement. Il s’intéresse tout particulièrement aux cadres théoriques et méthodologiques, ainsi qu’aux terrains et postures de recherche, et invite les participant·es à se centrer sur l’un des aspects développés dans les quatre axes ci-dessous pour les raisons suivantes. Tout d’abord, la structuration institutionnelle en disciplines scientifiques freine parfois, voire empêche, la rencontre entre chercheureuses pourtant intéressé·es par des sujets de recherche proches. Ensuite, nous souhaitons favoriser le dialogue interdisciplinaire par la rencontre de collègues qui mobilisent différents cadres théoriques, différentes méthodologies et méthodes, et mènent des réflexions à visée praxéologique sur des terrains variés. Il s’agit ainsi de permettre aux participant·es d’aborder l’un de ces aspects en profondeur plutôt que de survoler rapidement les différents aspects de leur recherche dans le temps limité d’une communication.

Axe 1. Épistémologies et théories

Comment le genre (rapports sociaux de sexe, féminités et masculinités, luttes des femmes et des minorités de genre pour leur émancipation, corps et sexualité) apparait-il dans les disciplines qui s’intéressent aux langues et au langage d’un point de vue historique et épistémologique ? Comment (re)construit-on son cadre théorique de départ en y intégrant la réflexion sur le genre au fil du temps ? En quoi la prise en compte de la notion de genre fait-elle évoluer les cadrages théoriques des recherches en psycholinguistique, sociolinguistique, linguistique descriptive, didactique des langues et des cultures et autres domaines des sciences du langage ? Comment l’intégration du triptyque langues/genre/sociétés engage-t-elle les chercheureuses dans une posture politique structurelle ? Quels sont les apports des études féministes, postcoloniales et intersectionnelles ?

Axe 2. Méthodologies de la recherche

Les communications pourront décrire et interroger diverses méthodes utilisées en sciences du langage et en didactique des langues et des cultures dans une perspective féministe, intersection- nelle et postcoloniale :

• les approches qualitatives : analyse du discours féministe et critique, études ethnogra- phiques par observation ou entretiens, recherche collaborative ou participative, etc.

• les approches quantitatives : linguistique de corpus, sociolinguistique variationniste ou quantitative, psycholinguistique quantitative, analyses statistiques, etc.

• les approches mixtes, qui allient quantitatif et qualitatif.
Le colloque invite également dans cet axe les contributions sur la construction, l’annotation et l’analyse de corpus (oraux, écrits, multimodaux) à des fins féministes. Quels problèmes ces corpus posent-ils sur le plan méthodologique et quelles solutions apporter ? Quels sont les enjeux éthiques et juridiques des méthodes de recherche mises en œuvre ?

Axe 3. Pratiques langagières et pratiques de terrain

Où en sont les recherches sur les dominations, notamment patriarcales et coloniales, dans les activités langagières écrites et orales du quotidien (interactions, conversations) ? Quelles sont les généalogies et évolutions des pratiques langagières féministes et/ou queer ? Quelle est l’influence des politiques linguistiques ou des communautés de pratiques notamment activistes et militantes ? Où en sont les recherches menées sur la compréhension des processus langagiers de catégorisation de genre, dans le cadre des échanges formels et informels, et celles sur les stratégies de résistance à cette catégorisation ? Comment fonctionnent les discours militants et les slogans qu’ils soient à visée d’inclusion ou d’exclusion (discours sexistes, homophobes, xénophobes, nationalistes…) ? Quels sont leurs rapports aux normes et aux évolutions de la langue ? Quels projets politiques se dégagent de ces discours ?

Enfin, comment les pratiques langagières féministes et/ou queer se diffusent-elles dans la for- mation et l’enseignement des langues ? Quels sont les défis rencontrés sur ces terrains ? Quels enjeux se dégagent pour la formation des enseignant·es sur les questions de genre et de langage ? Quel(s) rapport(s) aux normes, aux autorités linguistiques, au francocentrisme et à la critique féministe décoloniale du langage dans l’enseignement du français langue étrangère ? Face à des pratiques volontairement subversives, volontairement tumultueuses, quel rapport le discours didactique peut-il entretenir avec la logique prescriptive ? Quelle place pour les usages trans- gressifs dans les institutions d’éducation et d’enseignement ? Dans quelle mesure les postures d’enseignement engagées témoignent-elles d’une volonté de libérer la langue des pratiques de pouvoir patriarcales ? Quelle place pour les questions de sexualité, de désir, voire d’amour dans l’apprentissage des langues ?

Axe 4. Postures de recherche et engagement

En partant du principe qu’il n’y pas de neutralité scientifique, que la science ne peut pas être séparée des rapports de domination et qu’elle est tributaire des constructions sociales d’une époque, le colloque mettra en lumière la recherche engagée, située, et impliquée. Comment gérer les tensions entre l’engagement et les injonctions à une prétendue objectivité de la recherche ? Cet axe accueillera des travaux réflexifs sur les parcours de recherche, voire des récits autobiogra- phiques à la manière de l’égo-histoire, qui font état de postures d’engagement des chercheureuses par rapport aux différentes formes de pouvoir, tant dans leur vie personnelle que professionnelle. Comment en vient-on à intégrer ces dimensions dans son parcours de recherche ? Quel est l’impact de ces choix de recherche sur la biographie professionnelle ? Comment faire face au backlash dans nos milieux universitaires et répondre aux attaques contre les études féministes décoloniales et aux accusations de communautarisme, voire de « wokisme » ?

Conférences invitées

Julie Abbou, Université de Turin
Mireille Baurens, Université Grenoble Alpes (LIDILEM) Maria Candea, Université Sorbonne Nouvelle (CLESTHIA) Pascal Gygax, Université de Fribourg

Modalités de soumission

Deux formats de présentation sont proposés : la communication orale et la présentation affichée. Les propositions sont à déposer sur la plateforme https://genre-et-langage.sciencesconf.org avant le 1er novembre 2023. Rédigées en Times Roman 12, interligne 1,5, elles suivront les modèles suivants :

  • Propositions de communications orales en français : titre, résumé de 700 mots environ, et bibliographie de 10 références maximum, en français.
  • Propositions de présentations affichées (posters), pour des recherches en gestation ou émergentes : titre et résumé de 300 mots en français.
  • Les propositions devront mentionner l’axe choisi :
    • Axe 1. Épistémologies et théories
    • Axe 2. Méthodologies de recherche
    • Axe 3. Pratiques langagières et pratiques de terrain • Axe 4. Postures de recherche et engagement

Date prévisionnelle des notifications d’acceptation : autour du 15 janvier 2024.

Comité organisateur : Collectif Giflex ∗

Sophie Bailly, Université de Lorraine, ATILF

Éléonore de Beaumont, Université de Lorraine, ATILF

Marie Flesch, Université de Lorraine, ATILF

Véronique Lemoine-Bresson, Université de Lorraine, ATILF

Carine Martin, Université de Lorraine, ATILF

Sandra Tomc, Université Jean Monnet, ECLLA

Comité scientifique

Julie Abbou, Université de Turin, Italie
Cynthia Agria de Brito Neves, Universidade Estadual de Campinas UNICAMP, Brésil Fabienne Baider, Université de Chypre, Chypre
Mireille Baurens, Université Grenoble Alpes (LIDILEM), France
Maria Candea, Université Sorbonne Nouvelle (CLESTHIA), France
Daniel Elmiger, Université de Genève, Suisse
Anna Maria Ferreira Barcelos, Universidade Federal de Viçosa UFV, Brésil
Luca Greco, Université de Lorraine (CREM), France
Pascal Gygax, Université de Fribourg, Suisse
Noémie Marignier, Université Sorbonne Nouvelle (CLESTHIA), France
Cornelia Möser, CNRS – Centre de la recherche sociologique et politique de Paris, France Irène Pereira, Université Paris 8 (EXPERICE), France
Véronique Perry, Université Paul Sabatier Toulouse (LERASS), France
Blase Provitola, Trinity College, États-Unis
Laurence Rosier, Université Libre de Bruxelles, Belgique
Vinay Swamy, Vassar College, États-Unis
Marine Totozani, Université Jean Monnet (ECLLA), France
Maude Vadot, Université Savoie Mont Blanc (LLSETI), France
Valeria Villa-Perez, Université Jean Monnet (ECLLA), France

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∗. Collectif Giflex est un groupe de recherche qui prend pour terrain l’enseignement des langues-cultures étrangères dans une perspective féministe.