Appel à contributions : Mots, Les langages du politique, “Exprimer la nostalgie en politique”
La revue Mots. Les langages du politique publiera en novembre 2028 un dossier “Exprimer la nostalgie en politique“, dont vous trouverez l’appel à contributions à l’adresse suivante : https://journals.openedition.org/mots/37210
Les propositions d’articles (avant-projets de 3000 signes maximum) sont à adresser aux coordinatrices et coordinateur avant le 16 novembre 2026 :
Emmanuelle Fantin : emmanuelle.fantin@sorbonne-universite.fr
Katharina Niemeyer : niemeyer.katharina@uqam.ca
Cédric Passard : cedric.passard@univ-lyon3.fr
La revue n’accepte que les articles originaux et inédits ; elle ne publie pas les actes de colloques mais examine volontiers les projets de dossiers soumis à appels à contributions : http://journals.openedition.org/mots/76
Chacun des numéros de Mots. Les langages du politique contient par ailleurs des articles en Varia, qui peuvent nous être soumis à tout moment de l’année. Voir nos recommandations : ttp://journals.openedition.org/mots/76
Bien cordialement,
Julien Auboussier et Cédric Passard,
Directeurs de la revue Mots. Les langages du politique
APPEL À ARTICLES
La nostalgie domine désormais une part significative des discours politiques à l’échelle internationale. Entendue dans son acception la plus générale, elle désigne un sentiment de regret, teinté d’un plaisir du souvenir, orienté vers un « avant » perçu comme préférable au présent. Forgé à la fin du XVIIe siècle autour de l’étymologie grecque nostos (le retour) et algia (la souffrance), le terme désignait initialement dans le vocabulaire médical le « mal du pays », avant qu’il ne s’élargisse à la remémoration fantasmée de ce qui n’est plus, qu’il s’agisse d’un temps, d’un lieu ou d’un état révolu.
Bien que le phénomène ne soit pas nouveau1, cette valorisation du passé semble trouver aujourd’hui une traduction particulièrement visible dans certaines représentations ordinaires de la société. En France, un sondage Ipsos de 2025 révèle que 75 % des citoyens estiment ainsi que « c’était mieux avant ». S’il faut bien entendu utiliser avec précaution les résultats de tels sondages, ce chiffre peut toutefois témoigner d’une tendance plus générale, celle d’un rapport problématique au présent, d’un malaise dans la conception du futur, qui semble imprégner le champ politique. Les imaginaires temporels du déclin et leur banalisation interrogent ainsi le rôle de la nostalgie comme ressource discursive dans un contexte d’instabilités politiques, marqué par une recrudescence des conflits et des incertitudes.
La nostalgie est une émotion ambivalente et complexe, surtout lorsqu’elle rencontre le politique : bien qu’elle s’exprime rarement de façon explicite par l’usage du mot nostalgie, le champ lexical nostalgique peut dominer une campagne électorale en filigrane, se fondre discrètement sous un motif esthétique dans les représentations médiatiques du politique, ou encore s’ériger en étendard de manière outrancière. Elle est à la fois mobilisée pour légitimer des politiques publiques ou, à l’inverse, pour échafauder la critique des politiques adverses.
En tant que rapport à un passé largement fantasmé, la nostalgie apparaît consubstantielle à tout un pan de l’échiquier politique (Quill, 2024) porté par une volonté de revenir à un état antérieur représenté comme préférable. À titre d’exemple, la nostalgie des suprémacistes blancs puise dans un passé mythologique qui noue identité sociale et nostalgie (Luzardo, 2024). De même, l’ethno-nationalisme du parti démocrate suédois est fréquemment associé à une rhétorique du déclin des âges d’or (Fantin et Le Hegarat, 2017) et l’idée d’une « essence héritée » (Elgenius et Rydgren, 2019).
Toutefois, la nostalgie ne se limite pas à ces registres purement réactionnaires. Elle peut être aussi mobilisée dans une perspective progressiste, à travers ce que Laurajane Smith et Gary Campbell (2017) nomment une « nostalgie de l’avenir », entendue comme les pratiques commémoratives orientées vers les enjeux de justice sociale chez les électeurs de gauche. Plus largement, la manière dont la nostalgie s’entrelace aisément avec le populisme a été abondamment étudiée, notamment pour comprendre les mécanismes qui perpétuent l’animosité sociale et la polarisation des débats dans les discours politiques contemporains (voir par exemple Smeekes et al., 2021 ; Van Der Velden et al., 2025 ; Menke, 2026).
Encore faut-il préciser « d’où la nostalgie parle » et quel est l’auditoire implicite construit par ces discours. Interroger la nostalgie en politique implique en effet un travail analytique précis sur les situations d’énonciation : la nostalgie relève-t-elle de l’énonciateur ? De celle (souvent supposée) des publics et de leurs projections sur les discours politiques, ou encore de celle qui est construite comme une atmosphère ou une ambiance (Grainge, 2000) par le discours ?
Les études menées sur la nostalgie se sont considérablement développées durant les deux dernières décennies, dans des horizons disciplinaires et des approches variées qui ont mené à la publication d’un manuel transdisciplinaire et international (Becker et Trigg, 2024). Elles soulignent d’abord l’importance de saisir la nostalgie au pluriel car les expériences et expressions de la nostalgie sont multiples, et elles ne placent pas nécessairement le passé au centre de leurs préoccupations (Fantin et al., 2021). Ressentir de la nostalgie ne se limite pas à un affect régressif ou joyeux, elle peut aussi souvent être constructive et bénéfique (Naidu et al., 2024). Ces nouvelles approches théoriques comme les études empiriques ont amené des spécifications et compréhensions renouvelées quant aux variations contemporaines de la nostalgie. Donnons-en ici quelques exemples : la nostalgie anticipée ou anticipatrice (envers les aspects manquants du présent avant qu’ils ne soient perdus dans le futur ; Batcho et Shikh, 2016), la technostalgie (soit le processus par lequel les technologies médiatiques deviennent elles-mêmes des objets de mémoire ; Gill, 1997 ; van der Heijden, 2015), ou encore la solastalgie (soit la détresse causée par la destruction de son environnement familier sous ses propres yeux ; Uhl et Niemeyer, 2025 ; Corbillé et Fantin, 2026), etc.
Dans ce cadre, la distinction proposée par l’écrivaine et philosophe Svetlana Boym (2001) entre nostalgie restaurative (qui vise à reconstruire un passé perdu, pensé comme immuable) et nostalgie réflective (qui constitue plutôt une méditation critique sur le passé, identifié comme pluriel), pour mettre en lumière les deux valences divergentes que peut épouser la nostalgie, paraît particulièrement heuristique et continue à infuser les réflexions sur les liens entre politique et nostalgie, notamment en campagne électorale (Fantin et al., 2023). Mais ces réflexions doivent être approfondies, dans un contexte où la nostalgie constitue une ressource symbolique de premier plan dans la construction des récits collectifs et des identités politiques contemporaines et où elle peut contribuer à légitimer ou renforcer des logiques d’exclusion (Bertossi et al., 2021).
Dès lors, plusieurs questions se posent : comment se construit un discours politique dit « nostalgique » au-delà de ses références idéalisées au passé ? Quelles dimensions historiques, narratives et énonciatives pourraient permettre de saisir les profondeurs nostalgiques (et ses émotions ou sentiments affiliés) ? Existe-t-il un lexique nostalgique spécifique au politique ? En quoi les formes discursives de la nostalgie participent-elles à la légitimation de certains récits du passé tout en en marginalisant d’autres ? Dans quelle mesure l’étude des usages discursifs de la nostalgie éclaire-t-elle les mécanismes d’influence, de persuasion et de construction des identités collectives en politique ?
Ce dossier propose trois axes distincts (mais non limitatifs) pour développer un regard approfondi sur les mots contemporains de la nostalgie :
Axe 1 – Les imaginaires politiques de la nostalgie d’hier à aujourd’hui
Le premier axe propose d’analyser la (ou les) nostalgie(s) du point de vue des imaginaires politiques. Si la nostalgie est aujourd’hui communément appréhendée comme un symptôme des crises de la modernité politique (Turner, 1987), de l’épuisement des horizons d’attente (Hartog, 2003) ou de l’affaiblissement des grands récits utopiques et émancipateurs, caractéristique de notre époque (Angé et Berliner, 2015 ; Han, 2025), il serait pertinent de mettre à l’épreuve ces interprétations en examinant la manière dont la nostalgie a été historiquement convoquée en politique.
Dans cette perspective, il pourra s’agir de replacer la nostalgie dans une histoire sociale et politique de longue durée, en rappelant qu’elle n’a pas toujours désigné un simple regret du passé, mais qu’elle a été aussi constituée à certaines périodes comme une catégorie médicale, voire un enjeu d’action publique (Dodman, 2022). Une telle approche invite ainsi à interroger les conditions sociales, politiques et institutionnelles dans lesquelles la nostalgie est nommée, catégorisée, (dis)qualifiée, ainsi que les effets de ses mises en mots. Elle peut aussi conduire à examiner les moments où la référence au passé s’articule explicitement à des projets de restauration ou de « redressement », qu’il s’agisse de séquences historiques comme l’entre-deux-guerres ou le régime de Vichy en France, ou de configurations contemporaines, à l’instar des discours structurés autour de la thématique du « grand remplacement » (Leconte et Passard, 2024), qui mobilisent un passé mythifié pour construire des récits de déclin et de menace.
Cet axe accueillera des contributions attentives aux formes prises par ces imaginaires nostalgiques dans la plus ou moins longue durée de la vie politique. La matrice de « l’âge d’or » (Girardet, 1986 ; Fantin et Le Hegarat, 2017), les figures de la décadence (Rennes, 1999 ; Miranda, 2021) ou encore les projections vers des passés reconstruits, que Zygmunt Bauman (2019) a qualifiées de « rétrotopie », constituent autant de manières de mettre en récit la nostalgie, non seulement comme rapport au passé, mais aussi comme façon de dire le présent ou de dessiner (ou refermer) des horizons d’avenir (Dominguez Leiva et al., 2025).
Il sera également possible d’interroger la manière dont les récits nostalgiques contribuent à fabriquer des traditions politiques en sélectionnant, en idéalisant et en occultant certaines dimensions du passé. En mettant en récit le politique, la nostalgie peut forger ainsi des identités et des appartenances collectives (Davis, 1977 ; Duyvendak, 2011 ; Elgenius et Rydgren, 2019).
De ce point de vue, cet axe invite aussi à discuter les affinités entre les différentes formes, motifs et lexiques de la nostalgie et les idéologies politiques. Comment distinguer, à partir de leurs formes discursives, de leurs rhétoriques ou de leurs usages symboliques, des nostalgies qui accompagnent des projets de restauration ou de réaction, d’autres qui s’inscrivent dans des registres critiques plus réflectifs (Boym, 2001) ? Autrement dit, comment les manières d’invoquer un passé perdu contribuent-elles à (re)définir ce qui apparaît politiquement désirable ou menacé ? L’hypothèse souvent avancée d’un lien privilégié entre nostalgie et traditions conservatrices ou réactionnaires présente également une piste d’analyse. À l’inverse, les traditions progressistes ont historiquement été associées à des imaginaires tournés vers l’avenir. Toutefois, dans certains contextes marqués par des dynamiques de déclassement politique et social, des formes de nostalgie peuvent également émerger à gauche, en référence à des séquences perçues comme des moments d’accomplissement ou de conquêtes sociales.
Il conviendrait, enfin, d’examiner ce que Christian Le Bart (2015), à partir d’une lecture de Norbert Elias, a nommé la « nostalgie chevaleresque » de certains professionnels de la politique. Nourrie par le regret de formes d’expressivité jugées plus franches ou authentiques, dévalorisées par le processus de civilisation des mœurs, celle-ci structure certaines critiques de la démocratie représentative et trouve des échos dans des registres souvent qualifiés de populistes. On pourra ainsi examiner comment cette « nostalgie chevaleresque » est mise en mots, comment elle nourrit des critiques du jeu politique ordinaire et peut servir de ressource dans des luttes entre acteurs et/ou courants politiques.
Axe 2 – L’expression politique de la nostalgie : campagnes, débats, discours et médias
Le deuxième axe propose d’examiner la construction et l’usage de récits nostalgiques dans les discours politiques, les campagnes électorales et les médias. Les débats publics et les discours officiels constituent en effet des points d’ancrage essentiels pour analyser les stratégies rhétoriques et langagières qui mobilisent la nostalgie. Les contributions pourront s’appuyer sur des cas concrets, tels que des discours présidentiels, des slogans ou des manifestes, et étudier la manière dont ces narratifs se diffusent et circulent dans l’espace public. Le cas emblématique de Make American Great Again (Goidel et al., 2024) pourra ouvrir la voie à des approches comparatistes, par exemple à la manière de Yanqiu Rachel Zhou (2023) qui prend le Royaume-Uni, les États-Unis et la Chine comme cas d’étude, explore les connexions transnationales de la rhétorique de la nostalgie, et interroge la relation conflictuelle et mutuellement constitutive entre mondialisation et nostalgie. Une attention particulière pourrait être portée à la manière dont la stratégie discursive devient un puissant outillage idéologique, comme l’a par exemple démontré Cécile Alduy autour du cas Zemmour (2022). Il serait intéressant d’examiner la « rhétorique réactionnaire » telle qu’elle a été conceptualisée par Albert Hirschman (1991), c’est-à-dire les armes rhétoriques systématiquement mises en avant pour bloquer tout changement social, à l’aune de la nostalgie.
Il serait aussi envisageable de se demander comment la nostalgie peut être invoquée pour légitimer des politiques publiques, critiquer des décisions contemporaines ou renforcer des projets politiques. Les travaux pourront interroger les types de stratégies discursives qui associent nostalgie et valeurs politiques, la manière dont les partis et les candidats évoquent des temps passés idéalisés pour mobiliser l’électorat, ainsi que les formes de nostalgie privilégiées (Bonnett, 2016) et leur mobilisation dans les narratifs électoraux.
Enfin, les rassemblements politiques, tels que les meetings ou autres rituels, constituent un terrain d’analyse particulièrement fertile. Il s’agira de montrer comment ces événements produisent un sentiment de continuité historique ou d’appartenance collective, souvent cristallisé autour d’un passé idéalisé. Cet axe entend ainsi offrir une analyse approfondie des instruments discursifs et performatifs de la nostalgie politique, en croisant études de cas contemporaines (campagnes récentes en France, aux États-Unis, en Europe de l’Est ou ailleurs) et comparaisons historiques.
Axe 3 – Expériences nostalgiques en ligne : une nostalgie en cache souvent une autre
Les plateformes numériques sont depuis longtemps considérées comme des amplificateurs, instigateurs et sources de potentielle manipulation politique pouvant jouer sur la formation et la polarisation des opinions et influer sur le vote (Biswas et al., 2014 ; Guignard et Le Caroff, 2020). Cet axe se propose, en complémentarité et en entrecroisement avec les deux précédents, de mettre l’accent sur les expériences nostalgiques en ligne, notamment celles qui sont explicitement engagées dans le partage et la circulation des discours ou campagnes politiques aux intentions nostalgiques (axes 1 et 2). En prolongeant ces derniers, les activités en ligne peuvent être saisies comme des formes discursives de production, d’extension, d’amplification et de renforcement des initiatives politiques émanant de personnalités ou de partis politiques.
Dans la même veine, la circulation de ces contenus ayant d’abord émergé dans les institutions politiques ou médiatiques plus traditionnelles, de même que dans les campagnes/meetings politiques, peuvent aussi devenir des déclencheurs de contestation et de dénonciation d’une idéalisation du passé, voire de sa déformation (Hill et Puschmann, 2025). Il serait intéressant ici de se pencher sur des potentielles formes émergentes d’anti-nostalgie ou de contre-nostalgie (celles qui sont plutôt réflectives et situées dans les approches renouvelées sur la nostalgie des dernières décennies). Il serait pertinent aussi de s’intéresser particulièrement aux mèmes, gifs animés ou extraits vidéos qui détournent et modifient les messages initiaux ; allant jusqu’à les transformer en objet marchand (Cervellon et Brown, 2018).
Dans ce contexte, un dernier phénomène à explorer dans cet axe serait celui des nostalgies politiques dissimulées ou invisibilisées. Le « style coquette » sur Instagram, par exemple, propose souvent une approche nostalgique ludique du passé (Gamble, 2025), mais elle ne se réclame pas pour autant explicitement du champ politique. Pourtant, une dimension d’engagement politique se révèle souvent flagrante lorsque l’on porte attention aux publications, aux commentaires et aux images partagées (Keller, 2015). Cet axe se propose ainsi également de concevoir les réseaux socionumériques comme un terrain permettant de détecter et d’analyser différentes strates de la nostalgie politique ou politisée, précisément où l’on ne les soupçonnerait pourtant pas de prime abord.
Conformément à ligne éditoriale de la revue Mots. Les langages du politique, cet appel est ouvert aux chercheuses et chercheurs de tous horizons disciplinaires (sciences du langage, science politique, sciences de l’information et de la communication, sociologie, histoire, philosophie…), que nous invitons à expliciter leurs présupposés et leurs méthodes, pour faciliter le dialogue entre les différents champs d’étude des langages du politique.
Notes
- Que l’on songe, par exemple, à l’expression même de « Belle Époque » forgée rétrospectivement pour exprimer la déploration d’une époque perçue comme meilleure (Kalifa, 2016) alors même qu’elle était déjà traversée de peurs, d’inquiétudes et de sentiments de déclin (Houte, 2022).
Bibliographie
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Modalités de soumission
Les auteures et auteurs devront soumettre aux coordinatrices et coordinateur, avant le 16 novembre 2026, un avant-projet (3 000 signes maximum tout compris), dont l’acceptation vaudra encouragement mais non pas engagement de publication.
Les articles, originaux, devront être adressés aux coordinateurs avant le 31 mai 2027 (maximum 45 000 signes tout compris). Conformément aux règles habituelles de la revue, elles seront préalablement examinées par les coordinateurs du dossier, puis soumises à l’évaluation doublement anonyme de trois lecteurs français ou étrangers de différentes disciplines.
Les réponses aux propositions de contributions seront données à leurs auteurs au plus tard à la fin du mois de décembre 2027, après délibération du comité éditorial. La version définitive des articles devra être remise aux coordinateurs avant la fin du mois de mars 2028 pour une publication prévue en novembre 2028.
Les textes devront impérativement respecter les règles de présentation habituellement appliquées par la revue (voir https://journals.openedition.org/mots/76). Ils devront être accompagnés d’un résumé de cinq lignes et de cinq mots-clés qui, comme le titre de l’article, devront également être traduits en anglais et en espagnol.
