Marqueurs discursifs non-(dé)verbaux :
approche comparée français/anglais/espagnol.
Co-organisation :
Fabiana Alvarez-Ejzenberg (CEHA, Université de Picardie Jules Verne & IMAGER,
Université de Paris-Est Créteil)
Valérie Bourdier (IMAGER, Université Paris-Est Créteil)
Laure Lansari (CORPUS, Université de Picardie Jules Verne)
Langues de présentation : français, anglais, espagnol
Invités :
Wiltrud MIHATSCH, Université de Tübingen
Jeanne VIGNERON-BOSBACH, Université de Poitiers
Argumentaire
Suite à la journée d’études du 18 novembre 20024, qui s’est déroulée à l’Université de Picardie. Jules Verne, et qui portait sur les marqueurs discursifs (dé)verbaux, nous proposons un deuxième volet : cette nouvelle journée aura lieu à l’Université Paris Est Créteil le 20 mars 2026, et se donne pour objectif de poursuivre la réflexion en abordant cette fois des marqueurs discursifs issus d’autres catégories grammaticales.
Il s’agira, entre autres, d’examiner le fonctionnement et les raisons d’apparition de ces marqueurs qui ne sont pas d’origine verbale mais qui présentent la particularité de ne pas appartenir à une catégorie grammaticale donnée (noms, adverbes, adjectifs, syntagmes prépositionnels, etc.). Ces marqueurs opèrent à différents niveaux (que ce soit dans le champ syntaxique, pragmatique ou énonciatif) et leur sens peut être particulièrement labile selon les paramètres activés en discours. L’examen des apparitions de ces marqueurs en corpus devrait permettre de voir si et dans quelle mesure certaines valeurs perdurent d’un marqueur à l’autre, d’un contexte à l’autre, et à travers leurs différentes configurations syntaxiques.
Cette deuxième journée d’études propose un point de départ essentiellement morphologique, à savoir l’opposition entre marqueurs discursifs « déverbaux / propositionnels » et marqueurs « non-(dé)verbaux », ces derniers ne faisant pas apparaître une relation sujet-prédicat. Ces marqueurs sont tellement divers (diversité lexicale, morphémique, syntaxique, stylistique, pragmatique…) qu’on est conduit à se demander si, par-delà cette hétérogénéité, il est possible de dégager des caractéristiques communes qui justifieraient l’existence d’une sous-catégorie de marqueurs discursifs d’origine non-verbale.
Cette deuxième JE s’attachera ainsi à éclairer d’une part la grande variété de ce type de marqueurs, d’autre part les tendances communes et les divergences de fonctionnement de ces unités dans les trois langues à l’étude.
Les communications pourront donc proposer une réflexion sur :
– les différentes traditions linguistiques et appellations dans les trois langues pour comparer et confronter les perspectives adoptées dans l’analyse de ce type de marqueurs ;
– les spécificités des marqueurs non-(dé)verbaux en comparaison avec les marqueurs discursifs d’origine verbale (par exemple la spécificité des type nouns – sort of, kind of / genre / en modo pour exprimer le ‘vague’)
– les différents fonctionnements syntaxiques et distributionnels existants (positions, portée, détachement, comme avec voilà, en fait, etc…) ;
– les différentes compositions morphologiques ;
– les propriétés accentuelles et prosodiques ;
– les différentes fonctions ou différents types d’ajustement dont ils peuvent être la trace (reformulation, spécification, élargissement, atténuation, par exemple).
Les communications pourront porter sur des études de cas dans une ou plusieurs des trois langues à l’étude, dans le cadre d’approches synchroniques, diachroniques ou encore diastratiques et diatopiques, ainsi que dans une perspective didactique. Elles pourront concerner divers genres textuels (interactions orales spontanées, données du web, langue écrite, etc.) ou protocoles expérimentaux, et diverses théories linguistiques (énonciation, pragmatique, Construction Grammar, etc.). En effet, toutes les approches théoriques seront bienvenues : la première JE a déjà montré qu’elles n’entrent pas en contradiction mais qu’elles sont complémentaires.
Une attention particulière sera portée aux communications susceptibles de mieux éclairer les convergences et divergences entre anglais, espagnol et français dans l’étude de ces marqueurs.
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Modalités de soumission
Langues de présentation acceptées : français, anglais, espagnol
Les propositions de communication, de 300 mots maximum, sont à rédiger au choix en français, anglais ou espagnol, et à soumettre aux adresses suivantes pour le 10 novembre 2025 :
Durée des communications : 30 minutes – 20 minutes d’exposé suivies de 10 minutes de discussion
