Compte-rendu

Congressistes
Congressistes

La Société Internationale de Diachronie du Français s’est réunie pour la première fois dans les locaux de l’ATILF du 6 au 9 septembre 2011 pour son premier colloque. Grâce au soutien de l’ATILF, des doctorants, de Bernard Combettes, Eva Buchi et Annie Kuyumkuyan, ce colloque s’est déroulé dans des conditions excellentes et dans le meilleur climat.

La Société souhaitait un vaste panel de communications, qui présente les travaux en diachronie dans leur plus vaste diversité. Défi relevé. Que ce soit dans les méthodes ou dans les corpus, l’empan des communications a été vaste. Les congressistes ont assisté à une vingtaine d’interventions qui ont présenté un état des lieux des études sur la diachronie du français, en soulignant les questions qui restent ouvertes dans ce domaine et en offrant de nouvelles perspectives. Les intervenants ont traité de nombreux aspects de la diachronie du français, des changements morpho-syntaxiques de la langue médiévale à l’histoire de la lexicographie. La reconstruction de l’oral, la modélisation du changement linguistique, la question des sources textuelles et métalinguistiques ont traversé plusieurs communications, comme on pouvait s’en douter. D’autres communications ont porté sur les technologies qui permettent d’ouvrir des corpus à des publics plus vastes.

Congressistes
Congressistes

Nous avons eu le plaisir d’accueillir trois conférenciers invités.

Peter Koch nnous a présenté un modèle variationnel qui, croisant à la fois l’opposition écrit/oral et la variable de la distance, permet de rendre compte d’une diversité de productions langagières. Ce modèle nous offre une base excellente pour mieux juger et expliquer des productions en co-présence dans un état de langue.

Jean-Yves Mollier, historien, avait été sollicité pour traiter de la question des rapports entre les linguistes diachroniciens et l’Histoire. Professeur à l’Université de Paris XII, il nous a présenté un panorama brillant de ses travaux sur l’histoire des dictionnaires, de la censure, et sur l’histoire de l’histoire de la langue et des grammaires. Il a souligné, chemin faisant, les apports importants de l’histoire de l’édition à l’histoire de la langue mais il a également souligné que les ponts entre nos deux disciplines restent pour l’instant peu nombreux, hormis en histoire culturelle. Nous avons donc tout un chemin à parcourir pour tirer le meilleur parti des travaux historiques qui croisent nos préoccupations.

À la place Stanislas
À la place Stanislas

En prenant l’exemple de la conservation du passé simple dans plusieurs variétés de français en France et au Canada, Andres Kristol nous a démontré que notre perspective sur l’histoire du français standard devrait s’enrichir par l’étude des dialectes, qui nous révèle d’autres chemins possibles du changement diachronique.

D’autre part deux tables rondes ont eu lieu. La première sur les corpus a permis de voir une gamme de préoccupations qui vont de l’encodage aux droits d’auteur en passant par l’annotation et l’ergonomie de l’interface. La question de l’enrichissement de FRANTEXT a été abordée, qui a fait apparaître des perspectives encourageantes. Avec l’autre table ronde sur la cartographie de la zone préverbale, la différenciation fine des zones préverbales de l’énoncé a été développée par des intervenants qui adoptaient de différentes perspectives – pragmatique, discursive ou syntaxique formelle.

Les congressistes ont aussi participé à un visite guidée de la ville de Nancy, et à un excellent repas au Grand Café Foy, place Stanislas.

Enfin l’assemblée générale a abordé énergiquement l’avenir, spécialement la vitalité de son site et les rencontres à venir qui seront de préférence organisées en partenariat avec des sociétés ou des laboratoires partageant tout ou partie de nos intérêts pour la diachronie.

La SIDF tient à remercier tous ceux qui ont soutenu ce colloque: nos collègues de l’ATILF, Nancy-Université, le laboratoire Dipralang à l’Université Paul-Valéry de Montpellier, la région Lorraine et la DGLFLF.